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PAIN

Douleur chronique : après la génétique, place à l’épigénétique ?

1.02
février 2013
Physiopathologie de la douleur

L’épigénétique pourrait offrir dans le futur des réponses en termes de prise en charge de la douleur chronique : telle est l’hypothèse posée par les auteurs américains d’une brève revue de la littérature publiée dans la revue Pain. Epigénétique ? De quoi s’agit-il ? Définie comme le domaine qui étudie comment l'environnement et l'histoire individuelle influent sur l'expression des gènes, l’épigénétique recouvre un ensemble de phénomènes modifiant la lecture, mais pas la structure de notre ADN. Au programme : méthylation de l’ADN, modification des protéines histones, etc…
Pour plus de clarté, voici quelques exemples concrets, issus de travaux de recherche :
- Les différents types de récepteurs opioïdes sont exprimés de façon variable selon les individus, ce qui explique en partie des profils d’efficacité et de tolérance extrêmement variables entre les différentes molécules utilisées. Modifier l’expression génétique de certains récepteurs pourrait permettre de renforcer l’efficacité des opioïdes (les auteurs citent l’idée d’une déméthylation du gène promoteur des récepteurs mu).
- Rendre silencieux le gène promoteur de la protéine « SPARC » serait protecteur contre l’atteinte dégénérative des disques intervertébraux et pourrait limiter la sévérité de la lombalgie chronique.
- La taille des télomères (extrémités des chromosomes) des leucocytes est plus courte chez les patients présentant une douleur chronique et un haut degré de stress. La taille des télomères pourrait-elle devenir un marqueur de la sévérité de la douleur chronique ?
Si l’épigénétique peut expliquer certaines différences interindividuelles en termes de réaction à la douleur, elle semble également capable d’offrir de nouvelles cibles thérapeutiques. Malheureusement, à ce jour, ces hypothèses restent à confirmer. S’il est clairement démontré qu’un environnement stressant a des conséquences épigénétiques, rien ne prouve encore que ces conséquences contribuent à la douleur chronique… A suivre…

Reference

Sibille KT, Witek-Janusek L, Mathews HL, Fillingim RB. Telomeres and epigenetics: Potential relevance to chronic pain. Pain 2012;153:1789-93.

Auteur

Dr Florentin Clère