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The European journal of contraception & reproductive health care

Endométriose : et si on envisageait autre chose que les antalgiques ?

3
mars 2019
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Ces auteurs italiens se sont penchés sur les traitements hormonaux des douleurs de l’endométriose en réalisant une revue systématique de la littérature de janvier 1987 à mars 2018. L’endométriose est une pathologie relativement fréquente qui touche 15% des femmes en âge de procréer. Les douleurs de l’endométriose sont de plusieurs types : dysménorrhées, dyspareunies, dyschésie ano-rectale, et également des douleurs abdomino-pelviennes non liées aux cycles. Toutes ces douleurs ont un net impact sur la qualité de vie des patientes. De nombreuses données existent quant à l’efficacité du traitement chirurgical de l’endométriose, or de nombreuses complications (urinaires, digestives, vasculaires, et ovariennes) peuvent en résulter. Il apparait donc important de s’intéresser aux traitements pharmacologiques et notamment aux traitements hormonaux qui peuvent avoir un double intérêt : à la fois antalgique et contraceptif. A l’heure actuelle il existe de nombreuses molécules sur le marché, réparties en deux grands groupes : les contraceptions hormonales combinées (association d’œstrogène et de progestérone), que ce soit par voie orale, transdermique, ou vaginale, et les progestatifs seuls. Les auteurs ont sélectionnées l’ensemble des articles s’intéressant à la diminution des douleurs liées à l’endométriose par les traitements hormonaux, et ayant été contrôlés et randomisés. 28 articles ont été retenus. Malheureusement aucun n’a été conduit en aveugle.

Il en ressort que l’ensemble des traitements hormonaux contraceptifs réduisent de manière significative les douleurs de l’endométriose, et même les douleurs abdomino-pelviennes non liées aux cycles, et améliorent de façon nette la qualité de vie des patientes. En comparant les différences d’efficacité entre les traitements, il apparait que ce sont deux contraceptions hormonales combinées qui montrent les meilleurs résultats : l’ethinylestradiol [EE]/acetate de norethisterone, et l’EE/drospirenone. Par ailleurs, seules les contraceptions hormonales combinées ont montré une réduction de la réapparition de douleurs en post-opératoire, et non pas les progestatifs seuls.

Cet article est intéressant pour le monde des algologues plus habitué à prescrire des antalgiques que des contraceptifs. Il serait pertinent de demander à une patiente consultant pour des douleurs chroniques liées à son endométriose si elle bénéficie d’un traitement hormonal contraceptif et si oui lequel, afin de l’orienter au mieux sur la molécule la plus appropriée à sa situation.

Reference

Giovanni Grandi, Fabio Barra, Simone Ferrero, et al.
Hormonal contraception in women with endometriosis: a systematic review. The European Journal of Contraception & Reproductive Health Care, In press 2019 Jan 21:1-10

Auteur

Dr. Aurore Maire

Service de Médecine de la douleur médecine palliative Hôpital Lariboisière Conférences : invitations en qualité d’auditeur (Grunenthal)