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J’ai une sciatique : AINS ou pas ?

1.02
décembre 2016
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En 2016,  une nouvelle revue Cochrane a été réalisée concernant l’utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans la sciatique. Cette Méta-analyse fait suite et met à jour les données recueillies en 2008 ayant pour thématique les AINS dans le traitement des lombalgies et sciatiques aiguës et chroniques. 10 essais ont été sélectionnés dans 9 publications, randomisés (double aveugle, simple aveugle, ouverts), versus placebo ou d’autres médicaments avec plus ou moins d’autres interventions thérapeutiques. Les critères d’évaluation ont été : la douleur (intensité sur une échelle visuelle analogique), les effets indésirables, les prises de traitements complémentaires et un essai évaluant leur impact sur le handicap. Pour évaluer les données, la méthode GRADE a été utilisée.
Les auteurs concluent à l’absence de données prouvant l’efficacité des AINS pour la réduction de la douleur de façon significative, même s’ils ont une efficacité meilleure que le placebo. La réserve concernant ces résultats est la valeur de preuve (selon la classification GRADE), en raison d’études de petite taille, de résultats contradictoires, d’imprécisions ou de risque élevé de biais. Concernant les effets indésirables, leur risque accru à court terme avec cette classe de médicament reste à prendre en compte dans la balance bénéfice-risque
Cette méta-analyse Cochrane, comme toujours reste une référence en terme de méthodologie, avec ses limites quand il s’agit d’étudier des études de petite taille ou avec des biais, la rigueur provoque alors des réserve quant à l’interprétation et aux observations de pratiques quotidiennes. Dans le cas présent, il parait évident de réfléchir à la balance bénéfice-risque et du terrain mais aussi de différencier les sciatique aigues des sciatiques chroniques (douleurs neuropathiques). Les conclusions rejoignent celles de l’utilisation globales des AINS : prescriptions courtes et non sur une longue période,  respectant les contre-indications, même à court terme (notamment pour les effets gastro-intestinaux).
Enfin, que l’on évoque des douleurs aiguës ou des douleurs chroniques, le choix des traitements médicamenteux doit se faire en pesant l’intérêt de la molécule versus ses effets secondaires à court, moyen ou long terme. Des approches complémentaires, médicamenteuses ou non médicamenteuses ne doivent pas être oubliées (rééducation, kinésithérapie, neurostimulation, techniques manuelles, chaleur, froid etc…)., de même pour l’évaluation globale du patient, et mêle en situation aiguë !

Reference

Rasmussen-Barr E, Held U, Grooten W, Roelofs PDDM, Koes BW, van Tulder MW, Wertli MM,
Non-steroidal anti-inflammatory drugs for sciatica.
Article in Cochrane database of systematic reviews (Online), oct 2016.

Auteur

Rodrigue Deleens

Coordonnateur et directeur de la publication/Responsable éditorial Praticien Hospitalier -Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur CHU de Rouen Médecin attaché, CETD Hôtel Dieu, AP-HP