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PAIN

L’aimant plus fort que le courant dans le traitement de la douleur

2.01
mars 2016
Autres

Jusqu’à présent aucune étude n'avait comparé l'efficacité de la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS) et la stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS) dans le traitement de la douleur neuropathique. Dans ce travail - randomisé en double-aveugle - l'efficacité de la rTMS à 10 Hz a été comparée à la tDCS anodique de 2mA du cortex moteur, controlatéral à la zone douloureuse, à raison de trois séances par jour chez les patients souffrant de douleur neuropathique due à des radiculopathie lombosacrée. L’intensité de la douleur moyenne - résultat primaire - a été évaluée après chaque session puis, cinq jours plus tard. Les résultats secondaires incluaient les symptômes neuropathiques et les seuils de douleur thermique aux membres supérieurs. Des séances de rTMS actives ont alterné avec des séances fictives - ou fantômes - de même pour la tDCS. Pour chaque groupe (actif ou fictif) le type de traitement et l'ordre des sessions ont été randomisés selon un plan croisé. Au total, 51 patients ont été examinés et 35 (51 % de femmes) randomisés. La rTMS active était supérieure à la tDCS active sur l'intensité de la douleur (F = 2,89 ; p = 0,023). La tDCS n’était pas supérieure à la stimulation fictive et ses effets analgésiques étaient corrélés à ceux de la rTMS (p = 0,046) ce qui pourrait suggérer des mécanismes d'action communs. La rTMS abaisse les seuils de douleur froide (p = 0,04) et cet effet est corrélé avec l’efficacité analgésique (p = 0,006). Cependant la rTMS n'a aucun impact sur la nature des symptômes neuropathiques. Ainsi la rTMS apparaît plus efficace que la tDCS et les procédures fictives chez les patients souffrant de douleurs neuropathiques dues à des radiculopathies lombosacrées ; et peut moduler les dimensions sensorielles et affectives de la douleur.
Après les molécules, ce sont maintenant au tour des techniques de stimulation d’être comparées entre elles, preuve que ces nouvelles procédures gagnent du terrain en algologie. On constate que si toutes deux sont efficaces l’avantage va à la rTMS. Mentionnons néanmoins que la tDCS est environ dix fois moins chère et d’une mise en œuvre plus aisée. On regrette que les séances aient été conduites sur 3 jours au lieu d’une dizaine comme c’est habituellement le cas dans ce type d’étude, peut-être les résultats en auraient-ils été meilleurs notamment pour la tDCS ?

 

Reference

Attal N, Ayache SS, Ciampi De Andrade D, et al.
Repetitive transcranial magnetic stimulation and transcranial direct current stimulation in neuropathic pain due to radiculopathy: a randomized sham controlled comparative study. Pain 2016.

Auteur

Franck Henry

Psychologue CHU Dupuytren Centre de la Douleur Chronique - Service de Rhumatologie à Limoges Aucun lien d’intérêts