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European Journal of Pain

Mais alors, la rTMS ça marche comment ?

3
octobre 2017
Douleurs neuropathiques, Physiopathologie de la douleur

Une équipe Finlandaise nous fait savoir qu’ils ont percé le secret de notre réaction cérébrale antalgique aux stimulations magnétiques transcraniennes ! Il s’agit de stimulation magnétique transcranienne répétitive (rTMS) à haute fréquence sur le cortex moteur primaire M1 controlatérale à la douleur. Pour certains auteurs, elle est recommandée en grade A pour les douleurs neuropathiques. Pourtant, les mécanismes d’action restent obscurs et difficilement accessibles. Il semble exister une antalgie médiée par les opioïdes endogènes. L’utilisation de naloxone entraine une abolition de l’effet antalgique constaté après la réalisation de rTMS. D’autres études évoquent l’activation du système dopaminergique cérébral. L’activation du système opioïde endogène dépendant du système dopaminergique, les auteurs finlandais ont donc souhaité explorer l’activation de ces deux systèmes après la rTMS.
Ils ont réalisés des PET scan notamment avec injection de [11C]carfentanil pour vérifier le système opioïdergique et la [11C]raclopride pour le système dopaminergique . Ils explorent ainsi l’occupation des récepteurs suite à la rTMS. Ils se sont attachés à observer l’effet de la rTMS sur les QST (Quantative Sensory Testing), le CHEP (contact heat evoked potential ) : reflets de l’antalgie mais aussi le réflexe de clignement : reflet du système dopaminergique. L’ensemble de ces tests ont été réalisé sur 11 volontaires sains. La rTMS a été réalisé contre placebo et en cross over pour minimiser l’effet d’attente et d’anticipation.
Ils rapportent une activité opioïdergique dans la substance grise des 2 hémisphères plus importante dans le groupe rTMS que celui placebo, notamment pour le cortex cingulaire antérieur, le cortex préfrontal médial en ispi latéral à la stimulation et l’insula, le cortex préfrontal dorsolatéral, le gyrus temporal supérieur en controlatéral. L’épuisement du réflexe de clignement était plus important dans le groupe rTMS.
Pourtant rien ne change pour les QST, le CHEP et sur les PET scan [11C]raclopride.

Ainsi pour les auteurs, ces résultats suggèrent que le système opioïde endogène est la cause de l’effet antalgique de la rTMS.

Pourtant sur 11 patients non douloureux, avec aucun changement  au QST, il faut rester prudent quant à l’interprétation de ces 11 PET Scanner réalisés 4 à 5 heures après la rTMS.

Ainsi la recherche avance mais le chemin est bien long. La compréhension des mécanismes cérébraux et l’influence que le thérapeute peut avoir avec des stimulations cérébrales, se dessinent doucement.

Reference

Lamusuo S, Hirvonen J, Lindholm P, Martikainen IK, Hagelberg N, Parkkola R, Taiminen T, Hietala J, Helin S, Virtanen A, Pertovaara A, Jääskeläinen SK.
Neurotransmitters behind pain relief with transcranial magnetic stimulation - positron emission tomography evidence for release of endogenous opioids. Eur J Pain. 2017 Oct;21(9):1505-1515.

Auteur

Erwann Treillet

Service de Médecine de la douleur médecine palliative Hôpital Lariboisière Conférences : invitations en qualité d’auditeur (Astellas).