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European Journal of Pain

SDRC, la complexité du syndrome et de sa prise en charge

3
avril 2019
Autres

Le  groupe de travail a souhaité établir des recommandations européennes de prise en charge du SDRC. Les auteurs retiennent les critères diagnostiques de Budapest (se 0,99/sp 0,68). Ils rappellent que le SDRC est un diagnostic d’élimination et qu’une attention particulière doit être portée lorsqu’il s’agit d’un SDRC sans facteur déclenchant, que l’atteinte est proximale ou lorsqu’il existe plusieurs localisations initiales.

Sur le plan de la prise en charge, ils recommandent une évaluation multidimensionnelle et répétée au cours de l’évolution. L’orientation des patients atteints de SDRC est clarifiée avec une prise en charge dans des secteurs de soins non spécialisés les 2 premiers mois (kinésithérapeute, ergothérapeute, IDE, médecin ou chirurgien qui n’ont pas de connaissances spécifiques sur la douleur). En cas d’évolution défavorable, il conviendrait d’orienter le patient vers des soins spécialisés (professionnels ayant une formation et une connaissance spécifique dans le diagnostic et la prise en charge de la douleur) proposant une prise en charge basée sur le modèle des « Pain Management Programme ». Les patients  avec des complications telles qu’une extension des symptômes, dystonie fixée, infections… devraient bénéficier de soins hyperspécialisés (pour des traitements complexes ou des procédures interventionnelles telles que la stimulation médullaires) ainsi que les patients ne s’améliorant pas après prise en charge spécialisée (pour une expertise complémentaire ou pour des thérapeutiques non disponibles dans les services de soins spécialisés).

Sur le plan thérapeutique, les auteurs recommandent une prise en charge similaire à celle de la douleur neuropathique en parallèle d’une prise en charge rééducative adaptée initiée le plus tôt possible afin de limiter la durée d’évolution du SDRC et les séquelles fonctionnelles. Tous les intervenants devraient informer et éduquer le patient et une prise en charge psychologique devrait être proposée en cas de détresse émotionnelle associée. Concernant la prévention, les preuves sont actuellement insuffisantes pour conclure.

L’offre de soins diffère selon les pays mais également selon les régions en France. Les structures spécialisées et hyperspécialisées sont confrontées à de longs délais de prise en charge incompatibles avec la prise en charge du SDRC dont la prise en charge précoce améliore le pronostic. Le parcours patient doit donc être clarifié dans notre pays afin d’optimiser nos prises en charge.

Reference

Goebel et al.

Standards for the diagnosis and management of complex regional pain syndrome : Results of a European Pain Federation task force, Eur J Pain. 2019 Apr;23(4)

Auteur

Alexandra Menet

Service d'anesthésie, CHU Rennes