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Revue du Rhumatisme Monographies

Et les douleurs pubiennes… J’en fais quoi ?

2.01
juin 2015
Autres

Au regard de l’urologue sur les douleurs pelvi-périnéales, ce travail nous propose de refaire le point sur les douleurs à expression pubienne. L’interrogatoire et l’examen clinique permettent une orientation diagnostique facile en cas de douleurs aiguës et chroniques à orientation urologique. Mais certaines douleurs chroniques sont plus difficiles à prendre en charge du fait d’irradiation ou d’hypersensibilisation dans la région pelvienne. Les pathologies douloureuses pelvi-périnéales chroniques les plus fréquentes sont abordées dans cet article afin de simplifier la démarche diagnostique, en voici la synthèse :
-    les douleurs épididymaire et testiculaires qui sont à distinguer des douleurs scrotales en raison de leur innervations très différentes. L’innervation testiculaire est multiple : végétative (nerfs spermatiques supérieur, inferieur et moyen) et somatique dépendant des nerfs génito-fémoraux, ilio-hypogastriques et ilio-inguinaux (prédominance du métamère L1). En revanche les douleurs de la peau scrotale dépendent d’une innervation sacrée et du nerf pudendal. En cas de doute sur l’implication du testicule dans ces douleurs un test par bloc anesthésique peut être proposé par infiltration du cordon le plus haut possible. Si ce test est positif (quand la douleur est soulagée le temps de l’anesthésie), il permet d’affirmer l’origine des douleurs en aval du site d’infiltration. Si au contraire le test est négatif, il faut s’orienter vers une pathologie du trajet nerveux ilio-inguinal ou ilio-fémoral voir une pathologie rachidienne L1 ;
-    les douleurs projetées et notamment le syndrome de la charnière dorsolombaire : pathologie très souvent liée à un dérangement intervertébral mineur et associant douleurs à la palpation latérale des épineuses de la charnière dorsolombaire, cellulalgies des régions lombaire inférieure et fessière haute, région abdominale inférieure et partie supéro-interne de la cuisse, région trochantérienne ; cordon myalgique et pseudo tendinites ;
-    les douleurs postopératoires qui présentent une topographie d’un territoire nerveux précis et des caractéristiques neuropathiques. Un bilan d’imagerie est préconisé pour éliminer une masse tumorale. En revanche, l’électromyogramme est peu pertinent car il s’agit d’une innervation essentiellement sensitive.

Ce travail est une bonne mise au point sur les différentes orientations diagnostiques devant des douleurs pubiennes et permet d’éviter certains pièges. Le but étant une prise en charge étiologique, diagnostique et thérapeutique adaptée pour nos patients.

Reference

Rigaud J, Seneau-Levesque A, Labat JJ.
Le point de vue des urologues et périnéologues sur les douleurs pubiennes. Revue du rhumatisme monographies 2015;82:154-159.

Auteur

Dr Céline Liss

Centre anti-douleur CHU Robert-Debré de Reims Liens d’intérêts : Essais cliniques : en qualité d'investigateur principal, coordonnateur ou expérimentateur principal pour Astellas ; Interventions ponctuelles : activités de conseil pour Mundipharma ; Conférences : invitations en qualité d'intervenant pour Mundipharma ; Conférences : invitations en qualité d'auditeur (frais de déplacement et d'hébergement pris en charge par une entreprise) pour Mundipharma, Pfizer et Astellas ; Intervenant dans le programme « change pain » pour la région Champagne-Ardennes pour les laboratoires Grunenthal.